Stilman : Contributeur Politip
par Stilman le 17 juillet 2010 à 13:18

Marre. Ras le bol !

Tous les jours on nous matraque un peu plus avec les « affaires ». Tous les jours un nouveau rebondissement. Quand un épisode est terminé, faute de preuves, combattants ou munitions, le lendemain, hop ! On sort du chapeau une nouvelle révélation sordide. Voilà maintenant qu’on nous déterre un voyage illicite de Laurent Wauquiez. Ça devient franchement pathétique, et à double titre.

Tout d’abord, on se rend bien compte que la gauche est lancée dans une véritable chasse à l’homme tous azimuts et que tous les coups sont permis. On se croirait dans une mauvaise cour d’école ou certains cadors ont décidé de faire la peau à un copain mal aimé. Moche et pas crédible !

Ensuite, les hésitations à répétition et l’impuissance de la droite à répondre et au delà, à rassurer. Vas-y que je m’emmêle les pinceaux, que l’un dit quelque chose et l’autre son contraire peu de temps après. Seule attitude : la garde meurt mais ne se rend pas. Mais tout le monde a t-il vraiment envie de se sacrifier pour ça ?

Du coup je sature ! Et je ne suis pas le seul. J’entends et je comprends que les français sont à la limite de l’écœurement politique. Bien joué ! Était-ce l’objectif ? La stratégie de la terre brûlée ? On rase comme des forcenés et on reconstruit ?

Attention Mesdames et messieurs. Pas très raisonnable tout ça. Pas très raisonnable de s’acharner ainsi pour des fins politiciennes en préparation de 2012. Pas très raisonnable de laisser filer en se disant que dans 6 mois on pensera à autre chose. Loin de moi l’idée de passer sur les dérives des représentants politiques. Au contraire. Mais je le répète, le jeu de la chasse à l’homme rappelle de bien sombres épisodes de notre démocratie. Idem pour le peu de considération des électeurs.

Ce que je vois dans toute cette agitation en effet, n’est que mépris. Dédain pour les citoyens et les électeurs. Et les deux camps sont à placer dans le même sac pour le coup. D’un côté on agite le chiffon rouge pour se placer et donner le change politiquement, de l’autre on ajuste ses oeillères en continuant le chemin. Et les deux d’affirmer : « les Français son perdus dans toute cette agitation »…

Mais qui est le plus perdu dans l’histoire ? Les français ou leurs dirigeants politiques ?

Et si on arrêtait de nous prendre pour des cons ? Juste un moment, juste une fois ? Ce ne sont pas les français qui sont perdus mais en tout cas ils se demandent si leurs représentants, eux, ne le sont pas. Où vont-ils ? Y’a t-il encore un pilote dans l’avion ? Où trouver une alternative crédible ? Qui peut être à même de faire des propositions ? Dutronc chantait « on nous cache tout, on nous dit rien, plus on apprend, plus on ne sait rien ». On est en plein dedans. La seule différence est qu’aujourd’hui, avec la facilité d’échange, de communication, la diffusion de l’information, on a beau essayer de nous cacher tout et n’importe quoi, au bout d’un moment (assez court en général) ça se voit.

Exemple typique, la rigueur ! Un sondage récent prouve que les français y sont non seulement préparés mais assez favorables. Qui pourrait défendre le contraire au regard de l’état de nos finances, de la situation économique européenne, du poids de notre système etc…? Mais non ! Au lieu de se positionner sur un choix affirmé et assumé en expliquant concrètement ce que ça implique, on continue à jouer au chat et à la souris. Nicolas Sarkozy dans sa déclaration du 12 juillet rejetait toute idée de rigueur et François Fillon quelques jours plus tard prônait cette politique devant un aréopage nippon. Et nous ? On peut nous prendre pour des adultes dotés de cerveaux au moins aussi développés que ceux des journalistes de France 2 et des japonais ? Possible ? Même combat concernant les retraites. Tout le monde le sait. C’est ma-thé-ma-tique. Il faudra travailler plus et aussi, très vraisemblablement, cotiser différemment. Mais non, là aussi, on nous sert encore des discours théoriques, des conneries monumentales sur la défense d’intérêt acquis à d’autres temps de plein emploi, de croissance largement plus forte, de concurrence mondiale moins exacerbée… Bataille d’arrière-garde, rhétorique enfantines et dépassées. Où sont les vraies propositions ?

On pourrait également parler de la mondialisation, car l’analyse serait la même. Bref.

Où allez-vous messieurs-dames ? Pouvez-vous nous traiter en adultes responsables ? Nous ne sommes pas perdus, mais vous semblez l’être. Or, à ce jeu là, vous allez nous perdre définitivement.

Et moi, je n’ai pas envie d’un divorce entre la politique et les citoyens.


3 commentaires sur “Même le père Lustucru est tout perdu !”

  1. Starck dit :

    Stillman, ça fait deux billets lamentables que vous nous servez « la méchante gauche qui s’acharne ». Derrière « je suis modéré, je fais du bon sens » vous excusez tout et n’importe quoi en parlant de vilain complot. Pourtant le PS est resté soft sur les affaires et c’est la presse qui a fait un certain nombre de révélations. Que voulez-vous? Que la presse ne parle pas des financements problématiques, qu’elle se taise ? Es-ce Mediapart ou le PS qui ont obligé Wauquiez à faire ceci ? Au lieu de tirer sur ceux qui relatent des faits, vous devriez plutôt vous indigner sur ces pratiques qui visent à contourner la loi sur les financements politiques.

  2. Stilman dit :

    Cher Starck,
    Pardon pour la lamentabilité de mes billets. Mais je n’ai aucunement la prétention d’être une référence universelle en tant que rédacteur. Ce qui ne semble pas être votre cas pour ce qui est des commentaires.
    Vous aurez sans doute mal lu le dernier billet. Mais il est vrai que nous parcourons souvent les articles de blogs en diagonale faute de temps.
    J’insiste donc dans ce billet sur le fait de « mettre les deux côtés dans le même sac ». D’ailleurs quand dans ma causerie je parle de la communication faite sur la rigueur, il ne me semble pas encenser particulièrement Messieurs Fillon et Sarkozy.
    Prenez un peu de hauteur pour re-lire ma contribution qui ne voulait que lancer le débat et les réponses. C’est réussi visiblement d’après votre réaction.
    Aller, sans rancune et ne nous énervons pas, par cette chaleur c’est très déconseillé.
    A très bientôt.

  3. jerome manin dit :

    Le divorce entre politique et citoyens est entrain d’être prononcé, le taux de participation aux élections montre le peu d’intérêt pour les tentatives de conciliations.
    Reste que l’attitude de la droite et de la gauche sont très différentes en réponse au divorce, la droite considère que les électeurs sont responsables, la gauche, que cela est la faute des élus de droite. On regrettera l’impossibilité de se remettre en cause de la droite, et une gauche qui voit des coupables partout mais jamais de responsables, parce qu’à gauche « responsabilité » est un gros mot.

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