Un mois depuis mon dernier billet, je n’ai vraiment pas vu passer le mois de janvier… Aujourd’hui, les choses s’accélèrent sérieusement. Au fur et à mesure de cette campagne, je confronte un peu les grands clichés qu’on balance toujours sur la politique, et je réalise que certains sont complètement faux, et que d’autres, que je négligeais, sont bien réels. Revue de détail.
« Alors, cette campagne, pas trop fatigant? »
Ça forcément, je me doutais que ce serait le cas. Plus les semaines passent, plus je sens que la fatigue s’accumule. Tous les matins je me lève plus tôt, pour aller boiter, tous les soirs, je me couche plus tard, car après ma journée de boulot, les tractages, les réunions ou les portes à portes je dois écrire, planifier, préparer la suite. Mais il ne s’agit pas de manque de sommeil, mais surtout de tension nerveuse. Je la sens monter, et je sais que tenir encore 50 jours uniquement sur les nerfs, ce sera compliqué. Mais je ne suis pas inquiète, j’ai toujours fonctionné comme ça. Et ça s’est toujours bien fini.
Chose que je n’avais pas prévue, c’est que mon mari me manque. Pourtant, je ne suis pas partie en long voyage, et il milite activement dans l’équipe. Mais la campagne prend tellement de place, de temps, que nos moments à nous, à parler de tout de rien, et surtout pas de politique, se font plus rares. Une des choses les plus précieuses dans un couple, en tout cas dans le mien, c’est du temps. Du temps à nous, pour nous, exclusivement.
« Alors, les sondages, ça donne quoi? »
Alors là, par contre, mythe complet. Les sondages, c’est loin d’être gratuit. Et comme je l’avais évoqué, on est loin du budget d’une présidentielle. Et même si on aura peut être bientôt des tendances nationales, des sondages payés par la presse ou les partis, ça n’aura pas grande valeur localement. Donc on navigue à vue. Ou plutôt, mes instruments de navigation sont l’analyse la plus fine possible des résultats électoraux précédents, et les discussions avec les habitants. Leur sentiment envers les élus sortants, par exemple. Dans le quartier, les gens s’intéressent à la politique, du coup, on prend le pouls du quartier dès qu’on sort nos tracts.
« Hou là là, dans le 6ème ardt., tu vas te faire jeter des cailloux »
Et bien finalement, mythe aussi. Bon, soyons honnêtes, on me répond parfois, lorsque j’annonce ma couleur « Ah non, sûrement pas! » avec un air outré. C’est le jeu.
Mais sinon, je suis extrêmement surprise de la qualité de l’accueil qui nous est réservé. Je craignais de devoir être un peu trop discrète sur mon appartenance politique, et bien non. Ma phrase d’accroche est tout simplement « Bonjour, je suis la candidate socialiste aux élections cantonales de mars prochain. ». Et là, les gens lèvent le nez, me regardent, et me sourient. Ils sont nombreux à me souhaiter bonne chance et bon courage, conscients de la réalité électorale du quartier, mais j’entends beaucoup aussi de « c’est bien que vous soyez là, on en a bien besoin ». Le 6ème n’est pas celui que l’on croit. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales de ma candidature.
« la politique, c’est un monde tellement violent, j’espère que tu tiens le coup »
Bon, ça, j’avoue, ce que je savais en théorie, il faut bien l’affronter dans la réalité. Il faut dire que je cumule les handicaps. Ou les atouts, c’est selon. Quand vous êtes une femmes, jeune, dont c’est la première candidature, de surcroît dans un canton pas facile, dans votre camp, on vous félicite car vous incarnez le renouvellement. Pour les (multiples) camps d’en face, vous êtes au mieux une jeune ingénue qui fonce dans le mur, au pire une carriériste, manipulée par les caciques de votre camp, qui se croit tout permis, n’y connaît rien et ferait mieux de laisser faire les grandes personnes.
Insidieusement, le fait que je sois une femme fait que certains s’autorisent tout un tas de réflexions à la con, passez-moi l’expression. Çà, pour le coup, je pensais naïvement que c’étaient des comportements d’un autre âge. Perdu.
Mais ne croyez pas que je m’apitoie sur mon sort. La règle du jeu de ce carnet de campagne était de raconter les choses telles que je les vis, c’est ce que j’essaie de faire.
Et je me dis que si je dois essuyer quelques attaques indélicates, c’est plutôt positif. Parce que ça me donne l’occasion de répondre. D’argumenter sur notre projet, nos arguments. Et que si les adversaires sont aussi fébriles, c’est qu’ils ont bien compris une chose: nous pouvons gagner.
Mieux que ça, on va gagner.
Les mythes vous épargnerons car vous n’en appeler qu’à ceux qui sont à la retraite, la réalité vous épargne car elle n’est vue qu’à travers les mythes. Une chose en tous cas est claire la distanciation ne viendra pas vous encombrer.
Je sais c’est un comportement d’un autre âge, voir vieux jeu et certainement misogyne, mais je n’ai toujours pas vu une ligne d’idée et de projet dans le petit texte. Je crois à la parité des efforts pas des postures.
Vous êtes tellement contente de vous même, pas forcément détestable mais ô combien inutile, parfois les mots me manquent.
Incarner dans le Parti Socialiste de Gérard Collomb la frêchitude – copiright – n’est pas en soi une bonne raison de voter, pour vous en particulier.
Excellent moment de vie dans une campagne. Dommage que cela ne soit pas plus fréquent sur le web, cela remet de l’humain derrière le candidat. Si tous les candidats, y compris ceux qui occupent régulièrement, de façon ou non constructive, le web lyonnais en faisaient autant, ça serait carrément positif.
Traduction pour les internautes de passage, être constructif à Lyon, selon Romain Blachier (Dit Robin) c’est dire :
1- « Gérard est l’avenir du socialisme »,
2- ‘J’aime être écrêté »
3- « L’Hôtel Dieu c’est mieux avec 4 étoiles »
4- ‘ »J’aime Jean Michel Aulas et le Grand Stade »
Il y a beaucoup de variantes plus ou moins dense chez nos amis de la compagnie de la Saône !!
SI le le titulaire des basses oeuvres de propagande du régime Collomb commençait par balayer devant sa porte il serait à minima moins ridicule.
@jérôme, battling et consorts : vous êtes jamais fatigué d’écrire des c… sur tous les blogs lyonnais et circumvoisins ?
Ah pardon je corrige Jérôme, Battling/compagnie de la saone, vous n’êtes finalement pas candidats. Le courage c’est mieux sur internet