![]() |
par Florian Joseph
le 25 juin 2010 à 20:23
|
|
|
Une France exsangue gît aux pieds d’une Allemagne Nazie toute-puissante dont la soif de conquête embrasera vite le monde entier. Le vieux maréchal serrera bientôt la main du génocidaire chancelier, scellant les termes d’une honteuse collaboration. Dans le brouillard londonien, la voix d’un général monarchiste mais néanmoins iconoclaste retentit, portée sur les ondes du seul et unique média de masse de l’époque, comme le versant d’espoir aux diatribes haineuses du propagandiste au pied-bot de Berlin. Appel légendaire lancée à la liberté, à l’insoumission, au refus de plier aux dictats de l’Histoire. Quand Georges-Marc Benamou, ancien proche de François Mitterrand, célèbre les résistants de la première heure dans son dernier livre « Les rebelles de l’An 40 », il omet seulement de dire que l’immense majorité des collaborateurs du Régime de Vichy étaient des socialistes radicaux aveuglés par leur pacifisme, et que les premiers à rejoindre Londres furent pour la plupart des patriotes de l’Action Française et des cagoulards nationalistes, tous pour la plupart antisémites et xénophobes. De Gaulle lui-même avait dit de celui qui prônait « l’ordre social par la monarchie traditionnelle » : « Maurras a eu tellement raison qu’il en est devenu fou ». Même démagogie concernant l’Algérie et la trahison des Pieds-noirs qui voyaient en lui le sauveur de l’Algérie Française dans « Un mensonge français » du même Georges-Marc Benamou. De Gaulle avait déjà posé les bases idéologiques de sa doctrine politique en 1932 dans le « Fil de l’Epée » : « l’homme d’action ne se conçoit guère sans une forte dose d’égoïsme, d’orgueil, de dureté, de ruse». Par cette phrase, la future posture de l’homme d’état qu’il allait devenir était portée sur les fonds baptismaux. En 1959, dans une fameuse conversation avec Alain Peyrefitte, alors délégué à l’Assemblée Générale des Nations Unies, il avait confié vouloir avant tout empêcher une islamisation de la France en gardant l’Algérie : « nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau ». Aujourd’hui, on image mal des hommes politiques proférer de telles idées sans se voir clouer au pilori par tous les Torquemadas médiatiques actuels. Le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux en aura fait les frais. Quand la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie pérore : « la politique étrangère de Nicolas Sarkozy est d’inspiration gaulliste », elle oublie seulement de rappeler que l’une des premières décisions du Président fut de ramener la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN dont De Gaulle nous avait justement sorti en 1966. Quand l’ancien Premier Ministre Dominique De Villepin se prétend gaulliste en adoptant la posture d’un rempart face aux Etats-Unis pour avoir prononcé son célèbre discours de 2005 à l’ONU fustigeant l’intervention américaine en Irak au nom de la sécurité collective, il oublie que De Gaulle disait, au sujet de l’auguste assemblée : « le machin qu’on appelle l’ONU ». Quand tous nos dirigeants ne sont obnubilés que par la régulation des marchés boursiers et le contrôle des flux financiers, De Gaulle imposait strict équilibre budgétaire et dévaluation de la monnaie en 1958. Il disait : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». On pourrait continuer ainsi sans fin à déboulonner les mythes d’une France dominée par le prêt-à-penser, l’égotisme et la muséification de ses idoles. De Gaulle l’avait dit : « après ma mort, on dressera une grande croix de Lorraine sur la plus haute colline, derrière ma maison. Et comme il n’y a personne, par là, personne ne la verra. Elle incitera les lapins à la résistance ». Magnifique prophétie, si l’on songe à l’action politique de certains ex-trotskistes, ex-maoïstes ou ex-marxistes, tous autant de rebellocrates chers à Philippe Muray qui ne font plus guère la révolution que sur les plateaux télévisés… |
||





Wahou ! Votre texte est dense et le concours démarre très très fort. Monsieur Florian Joseph, vous allez faire des jaloux parmi les colibris qui essayent de vivre de leurs plumes…
Les rebellocrates stipendiés n’ont quà bien se tenir
@ Florian Joseph :
Avez-vous lu le livre de Frédéric Salat-Baroux? La dichotomie dont vous faites état n’est pas aussi franche et surtout ce n’est pas le sujet du livre … Il y a d’une part l’opposition des personnages, la confrontation des stratégies militaires et enfin des visions politiques …
Quand vous critiquez l’analyse de Georges-Marc Benamou, dont je n’ai pas encore lu le livre, vous oubliez assez vite les 80 parlementaires qui se sont opposés au vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et qui pour certains l’ont payé de leur vie …
Concernant votre citation du « fil de l’épée », le raccourci est un peu facile entre la théorisation gaullienne du rôle d’un commandant militaire et l’action du chef politique politique qu’il deviendra, oubliant au passage qu’il rétablira la République et que la constitution Debré est toujours appliquée depuis 1958 au prix de quelques ajustements …
Pour les propos rapportés par Alain Peyrefitte, y a-t-il des pièces matérielles qui en justifient?
Si vous soulignez à juste titre que le général De Gaulle était contre l’intégration de la France au commandement militaire intégré de l’OTAN, la position concernant l’ONU est plus compliquée. S’il y était hostile au départ car la France était en prise avec la décolonisation (il ira jusqu’à la politique de la chaise vide entre 1961 et 1964), il se servira de l’ONU dans la seconde moitié des années 60 pour défendre une troisième voie …
Vous opposez des poncifs à des raccourcis, cela aurait pu être intéressant si vous aviez démontré les limites de l’exercice mais vous restez à la surface des choses, vous ne démontrez rien et ne prenez aucune hauteur, votre texte est bien écrit mais ça s’arrête là …
Superbe article et hélas trop vrai.
Pourriez-vous donner les sources de vos citations ?
Merci.
Je dis bravo!
Remarquable !!!
L’analyse est fine et le verbe chatié
BRAVO
Une expression écrite recherchée et de riches connaissances pour le sujet.
Félicitations.
Dans les analyses primaires, il y a de la concurrence …
http://yahoo.lyon.bondyblog.fr/news/de-gaulle-mythe-ou-realite
Edifiant! une plume trempée dans l’acide et une analyse d’une acuité parfaite!
Apparemment ce genre de subtilités échappent à beaucoup de gens…
Les cervelles de colibris ont du soucis à se faire!
« Apparemment ce genre de subtilités échappent à beaucoup de gens…
Les cervelles de colibris ont du soucis à se faire! »
D’accord avec les propos d’Erwan,en particulier une personne qui persiste et j’aimerait bien qu’elle puisse écrire sa propre analyse qui ne soit pas « primaire » mais je pense qu’il y a des critiques qui tendent plus à la jalousie qu’à la constructivité… c’est mon avis.
Article bien construit et bien écrit. On remarque tout de suite que vous avez de grandes connaissances, ainsi qu’une assez jolie plume. Toutefois je vous trouve un peu dur lorsque vous évoquez la différence De Gaulle / Pétain, car bien que le Maréchal ne soit pas exempt de tout reproche, il reste tout de même un homme d’honneur, et un être courageux. Au contraire de certains qui ont eux préféré rejoindre les côtes anglaises quand la situation s’est dangereusement égravée . . . et qui sont revenus en héros une fois le calme rétablit. Mais ce triomphe était-il justifié . . . . ?
@ Erwan & SAB : Vous êtes bien gentils mais où sont les arguments? Je ne vois personnellement que des anathèmes … Pourquoi l’auteur du texte ne répond-t-il pas? N’est-ce pas la preuve écarlate de son incapacité à pouvoir faire face à mes observations? Mes commentaires ne visent pas à discréditer l’analyse mais à en pointer les limites mais peut-être n’êtes-vous pas en capacité de comprendre? Concernant les cervelles de colibris, je crois que d’aucuns vous faites la démonstration d’être de cette catégorie …
Pour résumer la pensée de l’ami Briavel : « c’est celui qui dit qui est! » ou quand le ton pontifiant de maître d’école tardif le dispute à la suffisance et à la vacuité des idées…
Redoutable analyse! comme l’a dit Jérome « vous allez faire des jaloux chez les colibris »…
ça fait un bien fou de lire quelques vérités énoncées sans langue de bois!
BRAVO
@ Erwan : En l’absence de réflexion, laissez donc libre cours à votre médiocrité. En pratiquant l’insulte comme dernier argument, cela va probablement élever le débat …
à Briavel : l’auteur ne répond pas parce qu’il n’a pas le temps simplement, il a une vie chargée en dehors de l’écran et donc il n’a simplement pas le temps de s’acharner comme certains contributeurs… La seule chose que je constate est que c’est un des articles les plus consultés. Enfin bon, tu as beaucoup à nous apprendre à ce que je vois… le problème est que tes mots ont comme une odeur de sarcasme et d’orgeuil qui traverse mon écran et m’asphyxie, je pense que c’est pour ça que l’auteur n’a pas voulu répondre. Je vais me répeter, tes critiques auraient pu être intéressantes seulement on voit la différence entre quelque chose qui tient la route et quelque chose de seulement destructeur. La cervelle de colibris a parlé!
« Il y a quelque chose de plus haut que l’orgueil, et de plus noble que la vanité, c’est la modestie ; et quelque chose de plus rare que la modestie, c’est la simplicité. »
Antoine de Rivarol
@ SAB : Je ne vois pas en quoi rétablir quelques vérités serait vaniteux ou immodeste. Je n’ai aucun intérêt à défendre dans cette affaire, je ne concours pas à quelque prix que ce soit contrairement à l’auteur. Aussi, je ne comprends pas pourquoi vous remettez en cause les arguments vérifiables que j’énonce et vous contentez de vous extasiez devant un texte certes bien écrit mais approximatif sur le fond! L’analyse critique est la base du débat. Je n’en peux mais de vous faire ouvrir les yeux. D’autre part, je réserve le tutoiement aux personnes avec lesquelles j’ai quelques affinités et je ne pense pas que nous puissions avoir des points communs vu l’obturation de votre esprit.
Qui aura le dernier mot ? C’est l’idée? Désolée, plus le temps pour ce genre d’enfantillage « MONSIEUR » le contributeur.
Et puis VOUS me lassez maintenant,je pense que l’auteur pourra répondre à VOS questions s’ il en a l’envie et la patience car il doit être difficile de vouloir discuter avec VOUS.
Bien à VOUS cher contributeur à la science infuse et à l’esprit tellement ouvert, VOUS êtes ma source d’inspiration…
Je ne sais pas si c’est primaire, mais quelle plume!
une bien belle démonstration… on comprend que ça fasse grincer les dents des bien-pensants!
A l’intention de Briavel :
Bonjour,
Désolé de ne pas avoir répondu plus tôt à vos interrogations, je ne pensais pas que ma modeste contribution déclencherai tant de passions…
En ce qui concerne le livre de Frédéric Salat-Baroux, oui, je l’ai effectivement lu. Je n’ai pas pour habitude de parler d’ouvrages que je n’ai pas lu, comme vous le faites de celui de Georges-Marc Benamou, mais vous passez probablement trop de temps sur Internet.
L’opposition entre De Gaulle et Pétain m’a semblé, contrairement à ce que vous dites, tout à fait outrancière et surtout fausse, Pétain étant présenté comme un anti-républicain (ce qui est contredit par l’ensemble de sa carrière militaire d’avant 14; relisez pour votre édification l’excellent livre de Guy Pedroncini « Pétain 1856-1918 : le soldat et la gloire ») alors que c’est bien De Gaulle qui monarchisera la République contre tous ses détracteurs qui le comparaient alors à Mussolini ou encore Franco.
Concernant les propos d’Alain Peyrefitte, vous pourrez les retrouver dans plusieurs ouvrages, notamment dans ses mémoires « C’était De Gaulle » ou encore dans le remarquable livre « Le transfert d’une mémoire » du spécialiste de l’Algérie Française Benjamin Stora, dont je vous recommande la lecture.
Pour ce qui est du « Fil de l’Epée », le raccourci me paraît totalement justifié si l’on considère l’attitude de De Gaulle vis-à-vis de l’Algérie au regard de ses choix militaires, et ce tout au long de sa carrière de soldat. Vous dissociez un peu facilement le chef militaire et l’homme d’Etat à ce qu’il me semble.
Pour finir, la position de De Gaulle face à l’ONU est selon moi tout à fait symptomatique de sa pratique de la realpolitik, que ce soit dans son refus que la France participe au financement des opérations menées par les « casques bleus » contre la sécession katangaise au Congo ex-belge, dans sa volonté de morceller le Nigeria suite au troisième essai nucléaire français en 1960, ou dans son soutien à la sécession sanglante du Biafra en 67-68. Si De Gaulle s’est servi de l’ONU, ce fut toujours dans la défense d’une certaine idée de la France, et non pas comme le faisait Villepin au nom de la sécurité collective et de l’ONU.
J’accepte le fait d’être mis en cause dans mes analyses, mais pas sur les faits. La vérité historique est là.
Par ailleurs, je regrette votre acharnement à mon égard. Vous avez tout à fait le droit de ne pas partager mon point de vue, et de le faire savoir, mais pourquoi tenter de discréditer mon travail en parlant d’ »analyses primaires » (avec lien à la clé)? On a bien compris que vous n’aimiez pas mon papier, nul besoin d’enfoncer le clou de la sorte. Ce genre de joutes verbales ne m’intéressent pas, je vous le dit tout de suite. En outre, il est inutile de chercher à discalifier les gens qui ne sont pas d’accord avec vous en voulant à tout prix avoir le dernier mot et en distribuant des bons et des mauvais points, cette attitude relève plus de la cour d’école que de l’être fin et instruit que vous semblez être au demeurant.
Je suis sincéremment désolé de ne pas vous avoir contenté, j’essaierai de faire mieux la prochaine fois. En attendant, pourquoi ne pas laver l’affront en rédigeant vous-même un billet sur le sujet? On sent que cela vous titille…
A tous les autres, merci pour vos encouragements et vos félicitations.
@ Florian Joseph : Je ne partage pas votre lecture de Frédéric Salat-Baroux et ne donne aucun crédit à des propos rapportés quand bien même ceux-ci le sont par Alain Peyrefitte mais votre commentaire vient étayer certaines déclarations elliptiques de votre papier (bien ciselé dans sa forme au demeurant), en comble certaines lacunes et équilibre mieux l’ensemble. Les passages sur De Gaulle et l’ONU ou sur votre lecture de la décolonisation auraient, à mon sens, du faire partie de votre article.
Par mon premier commentaire, je ne cherchais qu’à provoquer cette réponse et non le reste.
Une simple précision, je n’ai jamais parlé du livre de Georges-Marc Benamou mais de votre interprétation du rôle d’une partie de la gauche … nuance.
Pour finir, cela ne me « titille » pas de rédiger un billet sur le sujet mais si j’en ai le temps, j’écrirai peut-être un bout de texte. Sans certitude.
Super écrit ! Félicitation
à Briavel : Je dois bien avouer que j’ai quelques difficultés à comprendre votre acharnanement envers cet article . . . Car en effet si vous aviez autant de connaissances et de talent d’écriture que l’auteur, vous auriez sans doute élaboré un article de haut vol et ainsi vous auriez peut être réussi à nous convaincre de vos capacités . . . Je pense simplement que vous êtes quelqu’un » d’aigri « , incapable de rédiger quoi que ce soit d’intéressant, et que vous critiquez juste pour critiquer, car cela n’est en aucun cas constructif. On sent bien que votre argumentation est de plus en plus légère et il me semble que vous vous enfoncez un peu plus à chacun de vos commentaires. Plutôt que de continuellement cracher votre venin, vous feriez sans doute mieux de vous inspirer de ce genre d’article, et de reconnaitre le talent naissant de l’auteur.
@ Heinz Friedrich : vous n’avez pas du lire mon dernier commentaire … Apportez donc vos critiques à l’article que je viens de poster dès qu’il sera mis en ligne. Personnellement, je suis ouvert à la critique …
une bonne analyse ; bravo pour toutes les vérités dites.
continue tu as de l’avenir.
[...] Les illusions gaulliennes [...]
[...] Les illusions gaulliennes [...]