Le Sorcier : Contributeur Politip
par Le Sorcier le 22 juillet 2010 à 13:45

Nos politiques semblent pédaler quelque peu dans la choucroute ces derniers temps.

C’est de circonstance à l’heure où les coureurs du Tour de France usent leurs boyaux dans le montée du Tourmalet.

Accompagnant les cyclistes dans leurs efforts, de nombreux politiques ont choisi de s’afficher lors d’une étape de la grande boucle. Bon, Rama Yade, en qualité de responsable nationale des sports on comprend. Même si l’exercice ne doit pas forcément l’enchanter, elle n’a d’autres choix que de venir afficher son soutien à cette manifestation médicale -pardon sportive- renommée. Souvenons-nous d’ailleurs du succès de ses apparitions en Afrique du Sud et déclarations sur les Bleus. Une réussite. Mais madame Yade ne fut pas la seule à se mettre en selle pour se mettre en scène à l’occasion du Tour de France. Nicolas, Sarkozy aujourd’hui, quelques représentants étrangers et Monsieur Woerth aussi ont voulu montrer ici qu’ils en connaissaient un rayon.

En revanche, que penser de la présence de ce dernier auprès des caravanes du Tour ?

Simple. Empêtré dans les affaires judiciares comme un maillot jaune dans un peloton trop compact, il tente une échappée, soutenu dans cette démarche par les conseillers en communication mis à sa disposition.  Bref, il change de braquet. Je vois ça d’ici : « Monsieur le Ministre, il faut allumer un contre-feu, montrer une image soudée avec votre épouse dans un événement populaire où les français pourrons vous identifier comme proche d’eux et ayant des aspirations simples et communes avec leur mode de fonctionnement.  » Pas bête ! Et oui, un homme qui se rend en bras de chemise avec son épouse (peu vue sur les caméras d’ailleurs), ne peut être foncièrement mauvais. Il est comme vous et moi. Pas d’entourloupe. Et puis ça vous requinque un ministre de voir que sur le terrain, les gens sont plutôt sympa et vous accueille avec empathie !

Bien vu. A grand renfort de caméras -les chaînes de TV avaient été largement prévenues et sollicitées- la présence d’Éric Woerth a bien été relayée. Mais si l’idée de départ était bonne qu’en est-il du résultat ? Difficile à mesurer. On peut simplement émettre des avis. C’est ce que je vais me permettre de faire.

Encore une fois, les grands manitous de la communication ont bien défini et utilisé le concept. Effectivement, pas mauvaise idée que de propulser un homme en difficulté dans une foule nombreuse sur un rendez-vous traditionnel et très suivi médiatiquement. Seulement, à la réalité du terrain se substitue le prisme des médias. Et la majorité des françaises et des français vont regarder l’événement au travers de ce-dit prisme. Et du coup, la perception risque d’être totalement différente. Englué dans un climat de facto suspicieux à son endroit, le ministre apparaîtra alors comme objet d’une propagande grossière et calculée. D’aucun présentera l’opération comme manquant de sincérité et l’objectif de départ sera forcément pollué par la déformation des médias qui étaient prédestinés à être des outils efficients dans la manœuvre.

Dommage mais pas très grave au final dans cette histoire. Moi, ce qui me navre le plus c’est que, décidément, le fil de la réalité et du bon sens semblent définitivement rompus et que même les communicants y perdent leurs latin et ont un gros coup de pompe.


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2 commentaires sur “Les compagnons du tour de France”

  1. EmilieH dit :

    Mouais. Ça partait pas mal, mais on reste un peu sur sa faim. Tout n’est pas à mettre sur le dos des communicants. Je préférai le billet précédent même si le style est toujours aussi agréable ;-)

  2. Victor dit :

    Finalement, je suis assez d’accord avec toi le Sorcier. On fait faire parfois des trucs pas possible aux hommes politiques sous le prétexte de mieux les mettre en rapport avec les citoyens. PLus c’est réfléchit, moins c’est naturel et efficace. Un retour à un peu de bon sens ferait du bien !

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